J’ai 36 ans et je suis le père de Mila. Comme je ne sais pas trop ce que veut dire agnostique, je dirais que ma religion c’est l’art et l’expérience; et je crois que la nature de l’esprit est profonde pour notre conscience, et vaste par nature. Je me sens proche des photographes humanistes et des œuvres comme « le petit prince« , le travail d’Hundertwasser, ou les images de Salgado, m’ont marqué.
J’ai découvert la photographie en 1992 lorsque Mado m’a donné du matériel de prise de vue et que je me suis inscrit dans un club photo d’une maison de quartier de Montpellier où j’ai été initié au laboratoire noir et blanc. C’est rapidement devenu une activité passionnée qui m’a permis d’aller à la rencontre des autres et de sortir de ma bulle d’adolescent. Un peu avant le bac, une tsigane m’a lu les lignes de la main; je ne l’ai pas cru lorsqu’en insistant sur ce que je voulais faire, je lâchais que j’étais passionné de photographie, et qu’elle m’a dit; « c’est ça », car je voulais faire de la biologie par curiosité, soif de comprendre la vie, et aptitudes scolaires. Après un rapide passage entre la faculté de science de Montpellier et une mise à niveau en art appliqué; j’ai commencé à travailler dans la photographie en 1994 comme photographe filmeur sur les plages et les pistes de ski (6 saisons) et ensuite comme laborantin noir et blanc (4 saisons). J’ai aussi travaillé dans un grand laboratoire (Photoservice), et réalisé de nombreux reportages de mariage avec SELENIUM. J’ai réalisé des commandes pour des agences de communication, animé des stages, et fait des interventions en vidéo (ex. court-métrage; « Beaubrun, quartier de St Étienne« ). J’ai exposé des travaux sur les vendanges ou les fruits d’une rencontre avec les gens du voyage.
Cependant j’ai surtout réalisé des portraits en noir et blanc; cherchant à capter le naturel au travers d’attitudes spontanées qui me touchent, afin de restituer la présence du sujet que peut évoquer la photographie, comme un témoignage d’une relation en un instant intime. Des portraits posés ou en condition de reportage, souvent en lumière naturelle, sur le bord de mon chemin de vie.
Ce sont quelques portraits ainsi réalisés qui m’ont orienté vers le statut d’artiste indépendant. Outre le fait que ce soit simplement un statut fiscal qui définisse une activité professionnelle, avec ses règles et limites (pas de photo scolaire ni de photo de groupe, et dans la limite de 30 tirages par visuel numérotés et signés tout format et support confondus), la sensibilité mise en œuvre pour capter la subtilité d’une présence demande la disponibilité qu’une démarche commerciale ne m’évoque pas; partir d’un bilan prévisionnel et réaliser un chiffre d’affaire ne me motive pas pour mon entreprise. Je me place plutôt dans une pratique artisanale de la photographie, bien que je cherche à valoriser le sujet au travers d’une technique, c’est plus une question de sensibilité que de savoir faire; une question d’attention et de point de vue, un travail sur soi, intime et orienté vers le partage, une forme de compréhension sensible transmise par le langage visuel où est aussi perceptible ce qui est hors champs. Pour reprendre quelques mots du blog de HP (rencontré sur les forums de libé) : « un portraitiste qui veut rendre un visage aimable sans pour autant le flatter », et comme l’a dit mon voisin torréfacteur Aloïs « comment aller au-delà des mots avec les mots ? ».
