Une réalité

Je m’exprime sur des réalités qui n’en forment qu’une après avoir lu écrit par quelqu’un :
« Créer consciemment sa propre réalité ?!? »

D’abord je la sens, avec cette brise d’air toujours chargée d’odeurs à fleur de peau,
ensuite je l’entends d’aussi loin que viennent ces senteurs touchantes de légèreté,
la fenêtre ouverte sur la myriade de goutes de pluie et ses écoulements qui grossissent la rivière,
cette réalité qu’un moteur dérange sur la route en goudron,
ici avec ces électrons produits par des centrales.

Depuis la zone la plus nucléarisée au monde.

La zone proche de Saint Montan,
un beau village médiéval où pousse la menthe de mon thé et ma buissonnière.

La mise ère
Condition née
Du nucléaire…

FukushimA rêve à une histoire qui n’a pas fini de s’écrire.

Dong au clocher, c’était une demie-heure de la nuit dernière entre le 8 et le 9 aout 2013.

Fukushima et la cerise sur le gâteau

En déscendant du jardin, sur le bord du chemin devenant sentier, un cerisier. Mais quelles cerises ! Des charnues, juteuses, et rouges et flamboyantes. Juste pour dire la perfection de cette robe magnifique, étincelante, que porte l’arbre à la bouche, autour des noyaux.



Il y en a de défigurées, de marquées, de croquées, par la vie, et peut-être par la mort, invisible, inodore, imperceptible, mais présente comme pour rappeler que l’amour a un prix, hélas, chez les hommes aussi, et sur tout ou presque.



Car ce qui est bon, ce qui est vrai en ce bas monde, est ce qui est gratuit, et que c’est rassurant de savoir pouvoir aider, croire aider, espérer donner, vraiment, sans compter. Et pourtant j’ai peur. Peur de ne pas en avoir les moyens, doutant entre connaissance et reconnaissance.



Alors en passant, je bois de cette source, gratuite, naturelle, je lui fais malgré tout confiance, comme ma responsabilité, comme ma dignité, aussi imparfaites soient-elles.



Il y a un temps pour tout et celui-là est le conte de cet après-midi de printemps accompagné de ma fille de quatre ans. Il faisait soleil, et des nuages sombres traversaient le ciel en assombrissant froidement ses rayons mordants.



Le courage non-seulement d’assumer ses choix, mais aussi ses non-choix, sans peurs je n’y arrive pas, je voudrais dire sans la vigilance qu’elle motive, à être confiant et aimant malgré tout, pour ce qui a de la valeur, vraiment.



C’est tout un symbole que de pouvoir se payer gratuitement la cerise sur le gâteau, un luxe qui n’a pas de prix, les grâces généreuses d’un arbre pourtant meurtri par une fraiche et franche coupe sur un chemin retourné fortement !

P.S.
Depuis un parisien est passé à sa propriété de Saint Montan nous privant de cette source où en montant nous prenions de l’eau fraîche pour boire au jardin, et en descendant pour arroser la menthe de mes thés sous le prétexte qu’il devrait être le seul à jouir de sa propriété où le tuyau passe pour alimenter cette fontaine à la jonction de la route et du sentier sur cette colline du Coquillon (l’autre versant s’appelant Saint Jacques).

L’atmosphère

Elle est comme la mise ère
conditionnée au nucléaire
et guerre plus encore.

AREVA, une histoire
qui n’a pas fini de s’écrire.

La mise ère et fluctue
sur les marchés
financiers et politiques.

Tout cela est parfaitement
licite et démocratique.
C’est si triste.

Et guerre plus encore,
l’art gens d’armes
il y en a qui haine tant !

Et guerre plus encore,
l’art gens d’armes,
le nerf de la guerre.

Et guerre plus encore,
l’age en date militaire,
c’est comment taire ?

Et guerre plus encore,
c’est triste et
seulement triste.

cyrild sur libé

Charles Coutarel

LI

j’travaille j’travaille
j’travaille dur
les mots
en pleine figure
la tête est lourde
et mes mains
qui courent qui courent
pour essayer de saisir
les débordements incongrus
d’une âme qui se libère
et rejette égoïste
vos miasmes altruistes
qui polluent ses neurones
et la névrosent encore
j’travaille j’travaille
j’travaille dur
les mots
en pleine figure

Débi Kouroumba, Mali – Fév. 2009

XXXVI

ma misaine
en ton artimon
le voyage infini
est possible
hors limite
de l’arc-en-ciel
apprends-moi
les couleurs
de l’éternité
l’unité dans
la multiplicité
je veux rester
où je suis venu
à la tension
extrême
aime
sans amarre
…innocent

berger
Débi Kouroumba, Mali – fév. 2009

XXXV

c’est quoi tu veux faire
quand tu seras grande ?
moi je veux rester petit
ou grandir vraiment
je veux pas d’intermédiaire
entre ma conscience et moi
ni baisser le rideau
sur un matin de soleil
je n’irai plus au bois
y’a trop de barbelés
peut-être tes jambes
à mon cou pour s’envoler
aux regard absents
des murs et des cités
j’ai l’ombrage clairsemé
sur ma peau dénudée
tatouage de lumière et
rêves en transparence
l’eau coule en ma mémoire
je dois retrouver
l’aval en amont
les fleuves peuvent s’arrêter
j’attendrai la prochaine pirogue
après l’obscurité
les tams-tams me parlent
mon cœur écoute
ils sont frères et
savent les battements
et l’air vibre et
mon corps résonne
l’esprit crie
ses asservissements
un enfant dort
au creux de mon épaule
il sait mon prochain silence
et son envoûtement…
Farouche et douce
Afrique

portrait d'homme d'Afrique noire
Débi Kouroumba, Mali – fév. 2009

XXXXV

Ici je trouve la solitude
l’être face à lui-même
pas de réponse miracle
un univers de possibles
l’amour se fait
ou ne se fait pas
pas de savoir
ni d’avoir
pas de réponse
juste une rencontre
l’être ou non

poésie de Charles Coutarel et photographie de Cyril Delacour

Souffle un bisou

D’un battement de cils
affleure ce creu de la main
un bisou papillon s’envole
tant ce frisson propage
léger comme un souffle
du coin de l’œil, ce sourire.

Créateur et créature

Créature et créateur, je te laisse faire de moi ce que tu désires, je m’abandonne entre tes mains chaleureuses et aimantes, faits de moi l’amour et je prendrais soin de toi, je dénouerais tout ce que tu crois qui te fait souffrir, crois-moi cet amour est inconditionnel, mais j’ai peur que cet amour ne vienne pas de moi, il doit venir de toi, sinon de qui d’autre ?

C’est un fait

C’est un fait
qu’en effet
s’en est fait
tant d’effets
sur les faits
deux tours d’effets
d’un tour de fée
de peurs en effet
semblent des faits
faire ces effets
défaits d’effets
d’effets défaits
des fêtes défaites
défaites la fête
du banquet fait
d’effets en effet
réservés de fait
à l’appétit des fées
de pouvoir cet effet
au vol du fait
qu’aucun fait
autre qu’effet
n’en prive la fête
d’illusions surfaite

Publié sur liberation.fr sous le pseudonyme Ormuzd (alias cyrildphotos et maintenant cyrild) dans le forum « Qu’est-ce qui vous fait râler aujourd’hui » le 21 et 22 aout 2010.