Faute et liberté

« Mais si la méchanceté n’est qu’un défaut, un échec rencontré par le vouloir, un vide au cœur même de la finalité immanente à nos intentions, il n’y en a pas moins un tragique du mal ; pour le mettre en lumière il n’est pas besoin de s’éloigner de Socrate, il suffit d’approfondir le socratisme, car la tragédie de la méchanceté est la tragédie même de l’ignorance ; s’il ne bénéficie pas de quelque secours extérieur, de quelque grâce illuminante, le méchant est à jamais prisonier de sa propre méchanceté. Pourquoi ? Parce que l’ignorance qui constitue la méchanceté n’est pas une ignorance simple, mais une ignorance double, une ignorance qui s’ignore elle-même. Car « l’igorant se croit sage et croit parfaitement savoir ce qu’il n’entend pas du tout ». Il y a donc une tragédie de l’ignorance qui se prend pour un savoir, qui n’est donc pas la pure négativité du non-savoir, mais la positivité de l’illusion. Nous voyons donc en quel sens le méchant est libre et en quel sens il ne l’est pas ; il ne possède pas de libre-arbitre, il ne possède pas non plus cette pleine et entière liberté qui est la liberté du sage, la liberté de l’homme délivré des chaînes du mal et de l’illusion. »  – André Vergès

Source du texte : http://goo.gl/r4jXb.

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