Fukushima et la cerise sur le gâteau

En déscendant du jardin, sur le bord du chemin devenant sentier, un cerisier. Mais quelles cerises ! Des charnues, juteuses, et rouges et flamboyantes. Juste pour dire la perfection de cette robe magnifique, étincelante, que porte l’arbre à la bouche, autour des noyaux.



Il y en a de défigurées, de marquées, de croquées, par la vie, et peut-être par la mort, invisible, inodore, imperceptible, mais présente comme pour rappeler que l’amour a un prix, hélas, chez les hommes aussi, et sur tout ou presque.



Car ce qui est bon, ce qui est vrai en ce bas monde, est ce qui est gratuit, et que c’est rassurant de savoir pouvoir aider, croire aider, espérer donner, vraiment, sans compter. Et pourtant j’ai peur. Peur de ne pas en avoir les moyens, doutant entre connaissance et reconnaissance.



Alors en passant, je bois de cette source, gratuite, naturelle, je lui fais malgré tout confiance, comme ma responsabilité, comme ma dignité, aussi imparfaites soient-elles.



Il y a un temps pour tout et celui-là est le conte de cet après-midi de printemps accompagné de ma fille de quatre ans. Il faisait soleil, et des nuages sombres traversaient le ciel en assombrissant froidement ses rayons mordants.



Le courage non-seulement d’assumer ses choix, mais aussi ses non-choix, sans peurs je n’y arrive pas, je voudrais dire sans la vigilance qu’elle motive, à être confiant et aimant malgré tout, pour ce qui a de la valeur, vraiment.



C’est tout un symbole que de pouvoir se payer gratuitement la cerise sur le gâteau, un luxe qui n’a pas de prix, les grâces généreuses d’un arbre pourtant meurtri par une fraiche et franche coupe sur un chemin retourné fortement !

P.S.
Depuis un parisien est passé à sa propriété de Saint Montan nous privant de cette source où en montant nous prenions de l’eau fraîche pour boire au jardin, et en descendant pour arroser la menthe de mes thés sous le prétexte qu’il devrait être le seul à jouir de sa propriété où le tuyau passe pour alimenter cette fontaine à la jonction de la route et du sentier sur cette colline du Coquillon (l’autre versant s’appelant Saint Jacques).

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