Marché Africain de Saint Montan

Le 24 et 25 juillet place de Poulallé de midi à minuit.

J’y présenterais des photographies d’Afrique (Maroc, Mauritanie, Mali) et réaliserais des portraits imprimés sur place.


Message de l’association Burkin’Amitié

Chers Visiteurs, Parrains, Marraines, Adhérents, Bénévoles et Amis,

Depuis 1998 un MARCHE AFRICAIN a lieu sur la place de Poulallé à
Saint Montan (07)

BURKIN’AMITIE est une Association à but humanitaire qui soutient le village de Poulallé au Burkina Faso jumelé avec le village de Saint-Montan.
L’eau, l’école, le parrainage, la santé sont ses principales missions

Ce grand rendez-vous annuel a acquis au fil des années une réputation telle qu’il
attire sur le week-end des centaines de visiteurs.

Il se tient traditionnellement le dernier week-end de Juillet soit cette année les
Samedi 24 et Dimanche 25 juillet 2010 de midi à minuit.

Venez nombreux participer à ce grand RDV de solidarité.
Les habitants et les éléves de Poulallé compte sur vous.

Les vendanges d’un photographe

Chemin de Sans souci, Aigle, Suisse - Octobre 2003

Un choix de 24 photographies…

« Les vendanges d’un photographe » a été ma première exposition de photographies. J’en ai fait 10 saisons dans le beaujolais et quelques unes ailleurs, comme en Suisse, en Ardèche, ou dans le Maine et Loire. Autant de tranches de vie, de fêtes, et de rencontres que j’ai envie de partager.
Continuer la lecture de « Les vendanges d’un photographe »

Portrait de vie tsigane

Surry le Contal, France - Octobre 2003

Lola tient un hérisson dans ses mains, elle est devant la roulotte familiale. Sur un terrain prêté de la Loire, et les chevaux ne sont pas loin. Ce n’est pas une légende, les manouches mangent du hérisson. Il est préparé de manière assez efficace; avec une pompe à vélo, avant de le cuisiner, pour le dépecer.

Avenir - Surry le Contal, France - Octobre 2003

Je faisais une intervention avec le camion école (ARIV) et sa maîtresse qui allait à la rencontre des familles des « gens du voyage ». Une manière de voyager à seulement une dizaine de kilomètres de chez moi; j’étais très dépaysé lorsque en rentrant je passais faire des courses au supermarché. Comme s’il était plus naturel de vivre en roulotte et caravane, avec presque rien, que de faire des courses sous les néons d’une grande surface.

Roulotte - Surry le Contal, France - Octobre 2003

Je sais que cette population soulève beaucoup de haine; comme si on leur reprochait le choix qu’on n’a pas; d’être sédentaire, avec tous les efforts que cela induit. Un travail pour payer le loyer ou le crédit; alors que souvent ils se contentent d’aides sociales et de petits travaux. Alors qu’il ne reste presque plus de nomades sur la surface du globe; il n’y a plus que des propriétaires et ceux qui voudraient l’être. Pourtant cela demande des compromis, avec ses voisins, avec sa propre liberté. Le choix d’un logement implique un engagement dans le temps qu’il est parfois si difficile à assumer; alors on leur reproche tous ces maux, car ils incarnent cette liberté sacrifiée de pouvoir simplement s’en aller.

Surry le Contal, France - Octobre 2003

J’ai eu un parcours nomade et précaire, de saison en saison, et pourtant j’ai connu des moments de grâce, de bonheur. Une certaine légèreté de vivre, bohème. Alors je me suis senti proche de ces manouches, et ils me l’ont bien rendu. J’ai senti plus de chaleur humaine à leur contact, que souvent ailleurs. Cependant leurs vies sont dures, rudes, et à trente ans les hommes et les femmes en paraissent beaucoup plus. Les enfants sont d’une beauté sauvage, ils ont leur monde, à part, comme les hommes sont séparés des femmes la journée…

Surry le Contal, France - Octobre 2003

A la fin de cette intervention d’un mois; j’ai préparé une exposition avec les travaux que je leur avais fait faire, et quelques photographies prises sur le vif (je n’étais pas là en reportage). C’était pour le noël de l’école, où était rattachée la maîtresse qui animait le camion école. Ce samedi matin tous les parents d’élèves défilaient avec leurs enfants, leurs regards glissaient sur les photographies sans s’arrêter, dans l’indifférence de l’inattention. Nous attendions les familles manouches, mais la maîtresse et venue annoncer une terrible nouvelle.

Guitare - Surry le Contal - Octobre 2003

Le matin même, un père de famille s’était suicidé. Il avait sept enfants. C’est très rare pour les manouches, car ils sont croyant et ils ont souvent la foi. La maîtresse qui travaillait avec eux depuis trois ans m’expliqua ce drame à l’extérieur de la salle des fêtes. Cet homme vivait de travaux d’osier (empaillage de chaises, paniers), mais il avait de l’arthrite. Un de ses fils partait en prison pour une histoire de vol. Et il était mis à distance de la communauté, car il avait toujours essayé d’élever ses enfants avec dignité et condamnait le vol et autres larcins.

Surry le Contal, France - Octobre 2003

Je suis alors parti chez moi, ne supportant plus ce qui me paraissait superficiel. Profondément touché par ce drame, et de tout coeur avec les manouches qui portaient le deuil. J’ai jamais senti autant de compassion; ma souffrance se mélangeant à la leur. Car j’ai aussi souffert de la pression sociale, et je voyais comment la vie pouvait broyer l’âme humaine.

Surry le Contal, France - Octobre 2003