Une du Dauphiné Libéré sur « Tom le cancre »

À la une du Dauphiné Libéré (Privas) du Vendredi 4 janvier 2013, par Robin CHARBONNIER.

Un film ardéchois en tête d’affiche

Tom le cancre

Passages de l’article commentés :

D’autant que cette aventure devait rester confidentielle.

Il a toujours été question de réaliser un film de cinéma. La société de production de Monsieur Éric Langlois a financé le matériel, le logement de l’équipe, la nourriture, etc, mais pas de salaires, ni de contrats. Ce long-métrage est présenté sur le site de la société N°7 pour son financement. Sur le plateau, courant juillet, Manuel Pradal affirmait lors d’une réunion avec des parents pour (re)mobiliser les troupes : « vous avez le choix : regarder le match de Foot à la télévision, ou jouer ».

N°7 Tom le cancre
N°7 Tom le cancre

“C’est une success story qu’on n’imaginait pas”, confie Manuel Pradal. Au départ, le réalisateur, qui a tourné auparavant avec Harvey Keitel et Emmanuelle Béart, avait juste répondu à l’invitation d’enseignants ardéchois. “J’ai animé un atelier de cinéma autour du “Kid” de Chaplin dans les écoles de Saint-Montan, Viviers et Bourg-Saint-Andéol”, raconte-t-il.

C’est le grand demi-frère de Mila, Sacha, qui m’a annoncé au petit marché de Saint Montan que Mila et lui avaient participé à un casting. Séverine, la maman, m’a dit alors que Mila n’avait pas voulu se prêter au jeu. Je n’ai pas apprécié que Mila y soit conduite sans en être prévenu, et je ne m’en suis pas plus préoccupé, je n’imaginais pas qu’elle serait quand même prise par la suite. Le jeudi 30 juin 2011, en sortant d’un RDV avec le maire de Saint Montan pour évoquer la disponibilité d’une ruine au cœur du village pour y créer un lieu culturel associatif, « La Lanterne« , j’ai croisé Séverine et Mila qui redescendaient avec des légumes de mon potager. Séverine m’a annoncé : « Mila est prise si tu es OK ». Je ne connaissait rien du projet, et d’être mis sur le fait accompli m’a mis en colère, elle m’a dit avoir été prévenue seulement la veille. Le tournage débutant au coin de mon potager à la coline du Coquillon, je m’y suis rendu avec Mila dont je venais de prendre la garde pour une semaine. C’est ainsi que l’aventure commença pour nous. Quelques jours après « Lanterna Magica » nous a été présentée pour assurer l’activité des enfants, Manuel Pradal avait précisé que par la durée du travail des enfants, nous sortions du cadre légal (nous compromettant ainsi), cette association loi 1901 présidée par Manuel Pradal a été enregistrée le 4 juillet 2011 (son premier assistant étant le trésorier). Elle n’existait pas avant cela, et a été créée pour cette occasion. Il y avait un script, toute une équipe assez jeune (dont une partie à l’école de cinéma de Bruxelles) engagée avec les mêmes conditions : payés si ça marche au barème syndical. Ce n’était en aucun cas un atelier pédagogique, et les heures de présence demandées aux enfants dépassaient pour les 15 premiers jours 35 heures par semaine. Selon l’inspection du travail de Paris (Nadine Marzive spécialiste des enfants), contactée par la suite pour vérifier ce que Manuel Pradal affirmait (le travail des enfants sera légalisé à la commercialisation) ; « le travail des enfants ne pourra pas être légalisé ».

Le réalisateur a été bluffé par “l’aptitude artistique précoce et féconde” de plusieurs enfants. “J’ai voulu continuer l’aventure sous le sceau de l’association “Lanterna Magica” avec une quinzaine d’entre eux, accompagnés de leurs parents.

« Tom le cancre » était écrit, il y avait un script qui a été utilisé tout au long du tournage (rares sont les moments d’improvisation), et son tournage a commencé fin juin directement avec les enfants choisis lors d’un casting dont la compagne de Manuel Pradal, Charlotte Phelouzat était la directrice. Selon Manuel Pradal, chaque journée de travail représente environ 1 minute de film. Ceux qui connaissent le métier savent que c’est beaucoup de travail, et toute l’équipe a beaucoup TRAVAILLÉ sur ce tournage, il y a eu par la suite des difficultés quand à l’excès de travail dû au manque d’organisation (mi juillet). L’équipe structurée d’une trentaine de personne n’était pas suffisante vu l’ampleur du projet.

Lanterna Magica sur unifrance "production étrangère"
Lanterna Magica sur unifrance « production étrangère » de Tom le cancre

Comment une association loi 1901 dont les statuts ont été déposés le 4 juillet 2011 a pu « produire » un film d’animation de 2009?

“C’est une aventure inédite et hors normes. Rien n’était prémédité”, souligne le réalisateur.

Mensonge! C’était écrit, comme le prouve cette photographie, car sur le clap est inscrit le numéro de la scène présent aussi sur le script. De plus le premier assistant a dit mi-juillet sur le tournage (là où la maîtresse s’évanouit et devient amnésique) qu’il toucherait 4% d’intéressement à partir de 900.000€ de recettes du film en plus de son salaire (devant témoins).

Mila avec clap Tom le cancre
Production : N°7

Les parents s’en souviennent très bien. “C’étaient les p’tits rois pendant le tournage”, sourit Céline Lantheaume, la mère de Pauline.

Ils ont beaucoup joué au roi du silence, car « SILENCE, ÇA TOURNE! ». Une BAFA avait été recrutée pour s’occuper des enfants pendant les longs moments d’attente. Son travail estimé insatisfaisant, elle a vite été renvoyée avant la fin de sa période d’essai, et remplacée longtemps après, à mi-temps, par un jeune homme que j’ai proposé, payé au noir. La sphère du film captait l’attention des adultes au détriment des enfants, souvent réduits à attendre, non libres de leurs mouvements, avec les parents qui les accompagnaient. Ils étaient souvent engueulés, car les enfants c’est bien connu, sont bruyants, ce qui n’est pas très compatible avec la prise de son sur un tournage professionnel. Le tournage n’était pas tout beau tout rose, il y a eu des bons moments (surtout au début, avec l’enthousiasme qu’un tel projet a suscité), et des mauvais moments. J’ai même été désigné comme empêcheur de tourner en rond, attentif au bien-être des enfants : à la fin du tournage Manuel m’a dit que le conflit avait permis de trouver un certain équilibre (le tournage a pris du retard, et les 6 enfants ayant fait les 11 semaines de tournage ont manqué des jours de classes à la rentrée).

“L’atelier se transformait peu à peu en un conte”

Mensonge! Ce n’était pas un atelier, mais bel et bien la réalisation d’un long-métrage réalisé au mépris des lois (selon l’inspection du travail) qui a couté au moins 10 fois moins cher qu’une production « normale » (moins de 300.000€ selon Manuel Pradal).

Reel Suspects Activités : Exportation/Ventes internationales
Reel Suspects Activités : Exportation/Ventes internationales

“On ne savait pas qu’un tournage était si long et compliqué. On a été impressionnés”, racontent Fabienne et Sylvain Soboul, les parents de Matys.

Ça c’est vrai.

“L’atelier se transformait peu à peu en un conte, une fable”, précise le réalisateur.

Ça c’est faux, et pour cause, car le mot « travail » alors qu’aucune dérogation n’a été demandée pour les enfants (obligatoire), sa reconnaissance, serait dans la bouche du réalisateur l’aveu de l’exploitation illégale d’enfants pour une entreprise prestigieuse qui est celle du cinéma. D’ailleurs le producteur « recule » et ne désire plus être présenté, ni sa société pour la production de ce film ; pourtant sur le clap et sur le seul écrit signé (droit de l’image des enfants) production N°7 est bien présent!

Mais, malgré cette bonne expérience, il pensait que les bobines allaient rester au placard.

Mensonge! On ne réalise pas un film de cinéma pour qu’il reste au placard, cela a demandé beaucoup d’énergie, de travail, et d’argent. Allez donc demander à l’équipe, à d’autres parents. Ne pas reconnaître les efforts consentis par tous pour réaliser ce film comme travail (dissimulé selon l’inspection du travail, et interdit pour les enfants) a permis de réaliser ce film à moindre frais, mais il ne faudrait pas que cela vienne faire concurrence à ceux qui respectent les lois, ou permette à un petit cercle de personnes d’en profiter, d’en abuser grâce à des mensonges et avec mépris. Manuel Pradal avait évoqué le cas de « Être et avoir« , et aussi exprimé le souhait d’une même jurisprudence.

Pour Mila et moi, la « justice » répond mal à cette question : aurait-on raison de mentir quand le tort est infligé à celui qui s’en révolte? En effet nous avons (à la demande de mon ex-femme) perdu notre quotidien où nous nous épanouissions ensemble, et j’ai perdu l’exercice de l’autorité parentale (je me suis opposé à l’utilisation de l’image de Mila avant d’avoir perdu l’autorité, ce qui n’est pas une sanction selon le juge aux affaires familiales), l’envers du décor tourne au drame familial. Je n’accepte pas tous ces mensonges! Le fait que le producteur Monsieur Éric Langlois m’ait affirmé « tu n’auras rien » début avril 2012 quand je demandais des contrats et une partie du salaire (promis par Manuel Pradal pour la fin de l’hivers le début du printemps 2012) a participé à me ruiner ; la requête en divorce de mon ex-femme est justifiée par mon manque de moyens, et est en partie exaucée malgré un vieux droit au chômage perçu un peu avant l’audience de notre divorce dont la décision provisoire est maintenant justifiée tout autrement (avec une grande hypocrisie et encore d’autres mensonges).

Ce tournage a troublé la vie de notre village ainsi que ma vie familiale, sans doute par l’exacerbation du narcissisme.

Je veux élever mon enfant, la prunelle de mes yeux, prendre soin d’elle, c’est Mila qui m’a enseigné à être un bon père, elle forgeait ma couronne de ses bonheurs en ma compagnie, et j’ai le sentiment que ce film participe grandement à me l’enlever au point de penser que « le diable s’habille en Pradal ».

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Rejet de la différence

« Mais derrière la fable, il y a aussi une morale qui serait le rejet de la différence. »

Selon un article (flash festival avec le Midi Libre) du festival international du film méditerranéen de Montpellier, le CINEMED, Manuel Pradal, le réalisateur de « Tom le cancre« , film pour lequel je me suis compromis comme père et photographe de plateau, a affirmé le rejet de la différence comme moral. La réalisation de ce film de cinéma est venu profaner ma vie familiale et troubler la vie de mon village par l’exacerbation du narcissisme, ce qu’opère un tel média (tout le monde voit des films, mais bien peu y sont vus).

« Le rejet de la différence » ? Mais quelle différence ?

Je ne sais pas quelle différence Manuel Pradal évoque, mais au moment où il est interrogé je suis le seul de l’équipe à dénoncer le travail illégal des enfants dans cette œuvre et à m’opposer à l’utilisation de l’image de mon enfant.

« Ravissement » ?
En effet, je suis privé de l’exercice de l’autorité parentale, et du quotidien que j’avais avec Mila, où nous nous épanouissions ensemble, la plus jeune actrice du film dont l’image est utilisée malgré mon opposition (devant un cas de conscience, par principe moral, n’acceptant pas les mensonges, et le mépris qui les accompagne).

Source : Flash Festival n°5 avec Midi Libre : 34eme CINEMED (Montpellier) le 31 octobre 2012 (pdf en lignecopie).

C’est un fait

C’est un fait
qu’en effet
s’en est fait
tant d’effets
sur les faits
deux tours d’effets
d’un tour de fée
de peurs en effet
semblent des faits
faire ces effets
défaits d’effets
d’effets défaits
des fêtes défaites
défaites la fête
du banquet fait
d’effets en effet
réservés de fait
à l’appétit des fées
de pouvoir cet effet
au vol du fait
qu’aucun fait
autre qu’effet
n’en prive la fête
d’illusions surfaite

Publié sur liberation.fr sous le pseudonyme Ormuzd (alias cyrildphotos et maintenant cyrild) dans le forum « Qu’est-ce qui vous fait râler aujourd’hui » le 21 et 22 aout 2010.